Bruxelles – Fragments urbains et regards suspendus
Bruxelles est trop familière pour que je puisse l’observer sans y projeter mon propre quotidien. Cette série est née sans programme, au fil des rues empruntées par habitude. Des jours gris, des lumières basses et, parfois, une percée inattendue. C’est une ville de solitude offerte, où le regard se pose sur ce que l’on ne cherche plus à voir.
Photographier le connu.
Je n’ai pas essayé de « montrer » la ville, mais de laisser les images venir à moi. Dans les arrière-cours, les vitrines vides et les rideaux baissés, j’ai trouvé une humanité qui ne cherche pas à se faire belle. Bruxelles est pleine de contradictions : vivante et lasse, tendre et rugueuse. J'y vois une forme de désordre nécessaire, une beauté sans aucun apprêt.
Une ville en couches.
Comme beaucoup de métropoles européennes, Bruxelles porte ses strates. Mais ici, elles sont le fruit d’une accumulation douce-amère, d’un urbanisme hésitant et sincère. Je photographie ses angles morts, ses cafés presque vides et ses piétons pressés. Je m’intéresse à ce qui ne crie pas, à ce qui ne s’impose pas au premier regard.
Conclusion.
Photographier Bruxelles, c’est photographier un reflet de moi-même. C’est un travail sur la persistance du regard dans un environnement où l’habitude finit par masquer l’essentiel.