Berlin – Les silences visibles

Berlin est une ville dissimulée dans ses couches de mémoire et ses blessures devenues invisibles. Je n'y suis pas allé pour photographier des monuments, mais pour observer les interstices et les marges. C’est une ville que l’on regarde souvent en face, mais que j’ai choisi de regarder de biais, là où l’histoire affleure sans jamais s’imposer totalement.

Une errance volontaire. 

Chaque promenade fut une marche sans destination précise. C’est dans ce « rien » que l’essentiel est apparu : des ombres sous un porche, une façade aveugle, des figures humaines à peine esquissées. Berlin impose un rythme différent, elle oblige à ralentir. Elle ne cherche pas à séduire, elle impose sa géographie émotionnelle brute.

Le poids de l'implicite. 

À chaque angle, je ressentais la sensation que quelque chose était là et ne l’était plus. Comme si les murs se souvenaient des silences que seul l’appareil photo peut traduire. Mes images ne cherchent pas à illustrer le passé, mais à saisir comment il continue d’exister sous une forme ténue : un rideau entrouvert ou une rue vide à midi.

Conclusion. 

Cette série est un dialogue avec une ville-fantôme. Pas parce qu’elle serait morte, mais parce qu’elle vit autrement, dans ses silences visibles et ses absences pleines de sens.